Réforme infirmière : les nouveaux arrêtés qui renforcent les compétences des infirmiers sont publiés

Réforme infirmière : nouveaux actes, soins et prescription infirmière
Réforme infirmière · Juin 2026

Réforme infirmière : les nouveaux arrêtés qui renforcent les compétences des infirmiers sont publiés

Deux arrêtés publiés au Journal officiel du 27 juin 2026 précisent désormais les actes, les soins et les possibilités de prescription des infirmiers diplômés d’État. Ces textes rendent pleinement opérationnelle la nouvelle définition de l’exercice infirmier issue de la loi du 27 juin 2025 et du décret relatif aux activités et compétences infirmières.

Une étape importante pour l’exercice infirmier

Ces textes marquent une évolution majeure pour la profession. Ils reconnaissent plus clairement l’expertise clinique des infirmières et infirmiers, leur capacité d’évaluation, leur rôle dans la prévention, leur place dans le suivi des patients et leur contribution à la fluidité des parcours de soins.

L’objectif est simple : permettre aux professionnels infirmiers de mobiliser pleinement leurs compétences, dans un cadre réglementaire clarifié, au bénéfice des patients et de l’accès aux soins.

La réforme concerne deux volets principaux : la liste des actes et soins pouvant être réalisés par les infirmiers, et la liste des produits de santé, dispositifs médicaux et examens complémentaires qu’ils peuvent prescrire ou renouveler.

Une réforme qui entre dans sa phase opérationnelle

La publication des deux arrêtés du 26 juin 2026 constitue l’une des étapes les plus concrètes de la réforme de la profession infirmière. Après la loi du 27 juin 2025 et le décret du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences infirmières, ces textes viennent préciser ce que les infirmiers peuvent réaliser, prescrire ou renouveler dans leur exercice quotidien.

Cette clarification était attendue, car elle donne un cadre lisible à plusieurs évolutions majeures : reconnaissance de la consultation infirmière, renforcement du rôle propre, développement de l’accès direct à certaines prises en charge, élargissement de la prescription infirmière et meilleure intégration des infirmiers dans les parcours coordonnés.

À retenir : ces arrêtés ne créent pas seulement de nouvelles possibilités. Ils traduisent aussi une reconnaissance plus forte du raisonnement clinique infirmier et de l’autonomie professionnelle.

Un rôle propre renforcé au service de l’accès aux soins

Le rôle propre infirmier constitue le socle de l’autonomie professionnelle. Il correspond à la capacité de l’infirmier à évaluer une situation, identifier les besoins d’une personne, poser un diagnostic infirmier, organiser les soins, assurer leur suivi et coordonner les interventions nécessaires.

Avec les nouveaux textes, ce rôle est davantage structuré et valorisé. L’infirmier n’est plus seulement reconnu comme exécutant d’un soin prescrit : il est pleinement identifié comme un professionnel capable d’évaluer, d’orienter, de prévenir, de surveiller et d’accompagner les patients dans leur parcours de santé.

Évaluation clinique

L’infirmier peut apprécier une situation de soins, repérer des signes d’alerte, identifier les besoins du patient et adapter son intervention dans son champ de compétences.

Coordination des soins

Le rôle infirmier s’inscrit dans une logique de parcours, avec une articulation nécessaire entre les professionnels de santé, les structures et le domicile.

L’arrêté relatif aux actes et soins : une liste actualisée des compétences infirmières

Le premier arrêté fixe la liste des actes et soins pouvant être réalisés par les infirmiers diplômés d’État. Il réorganise le cadre d’intervention autour des activités infirmières et précise les actes pouvant être accomplis selon les situations : rôle propre, prescription médicale, protocole, urgence ou cadre spécifique.

Parmi les évolutions importantes, plusieurs dimensions ressortent particulièrement : la reconnaissance de la consultation infirmière, l’évaluation des besoins, la prise en charge de certaines plaies, la réalisation de dépistages standardisés, la surveillance clinique et l’orientation du patient lorsque sa situation le nécessite.

Cette évolution permet de mieux faire correspondre le cadre réglementaire avec les réalités de terrain, notamment en ville, à domicile, en établissement ou dans les prises en charge coordonnées.

Des pratiques mieux identifiées

  • Consultation infirmière dans le champ de compétences défini par les textes.
  • Évaluation clinique et identification des besoins du patient.
  • Soins, surveillance et accompagnement dans le cadre du rôle propre.
  • Participation à la prévention, au dépistage et à l’éducation en santé.
  • Orientation du patient vers un professionnel ou une structure adaptée lorsque la situation le justifie.

L’arrêté relatif à la prescription infirmière : une compétence élargie

Le second arrêté précise les produits de santé, dispositifs médicaux et examens complémentaires que les infirmiers diplômés d’État sont autorisés à prescrire ou à renouveler. Cette évolution vise à fluidifier les parcours et à éviter certaines ruptures de prise en charge.

Jusqu’ici, la prescription infirmière était limitée à des situations et dispositifs précis. Le nouveau cadre élargit cette possibilité, notamment dans les domaines de la prévention, du suivi des plaies, de la douleur, du maintien à domicile, de la santé sexuelle et de certains examens complémentaires.

Examens complémentaires

Les infirmiers peuvent prescrire certains examens, notamment lorsque ceux-ci sont nécessaires à la surveillance ou à l’adaptation de la prise en charge dans le cadre prévu par la réglementation.

Dispositifs médicaux

La prescription et le renouvellement de certains dispositifs médicaux doivent faciliter le maintien à domicile et la continuité des soins.

Douleur et soins courants

Le texte prévoit la possibilité de prescrire certains produits ou traitements entrant dans le champ de compétences infirmier, notamment pour améliorer la réactivité de la prise en charge.

Santé sexuelle et prévention

Les nouvelles possibilités de prescription participent aussi à renforcer l’accès au dépistage, à la contraception et à certaines actions de prévention.

Ces nouvelles possibilités doivent toujours être exercées dans le respect du cadre réglementaire, des conditions prévues par les textes et de la coordination avec les autres professionnels de santé.

Des parcours patients plus rapides, plus lisibles et plus fluides

L’un des enjeux majeurs de cette réforme est l’amélioration de l’accès aux soins. En permettant aux infirmiers de réaliser certains actes, d’évaluer certaines situations, de prescrire ou de renouveler certains produits et examens, les délais de prise en charge peuvent être réduits.

Cette évolution est particulièrement importante pour les patients atteints de pathologies chroniques, les personnes âgées, les patients suivis à domicile, les personnes présentant des plaies nécessitant une surveillance régulière ou encore les publics ayant besoin d’un accès facilité à la prévention et au dépistage.

En pratique, l’objectif n’est pas de remplacer un professionnel par un autre, mais de mieux utiliser les compétences de chacun pour répondre plus efficacement aux besoins des patients.

Une mise en œuvre qui devra être accompagnée

Ces nouvelles responsabilités nécessitent une appropriation progressive par les professionnels, les structures et les organisations de soins. Pour être pleinement efficaces, elles devront s’accompagner d’informations claires, de formations adaptées et d’outils pratiques.

La coordination restera également essentielle. La montée en compétences des infirmiers doit s’inscrire dans une organisation collective, avec des échanges fluides entre infirmiers, médecins, pharmaciens, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes et l’ensemble des professionnels impliqués dans le parcours du patient.

La réussite de cette réforme dépendra autant du cadre réglementaire que des moyens donnés aux professionnels pour l’appliquer concrètement sur le terrain.

Tableau récapitulatif des principales évolutions

Évolution Ce que cela change Objectif principal
Liste actualisée des actes et soins Le cadre d’intervention des infirmiers est précisé et modernisé. Clarifier les compétences et sécuriser les pratiques.
Reconnaissance de la consultation infirmière La consultation infirmière est intégrée dans le nouveau cadre d’exercice. Valoriser l’évaluation clinique et le suivi infirmier.
Rôle propre renforcé L’infirmier peut évaluer, identifier les besoins, organiser les soins et orienter. Renforcer l’autonomie professionnelle.
Prescription infirmière élargie Certains produits de santé, dispositifs médicaux et examens peuvent être prescrits ou renouvelés. Fluidifier les parcours de soins.
Prise en charge des plaies Les textes renforcent la place des infirmiers dans l’évaluation et le suivi des plaies. Améliorer la continuité et la rapidité de prise en charge.
Prévention et dépistage Les infirmiers peuvent contribuer plus largement à certaines actions de prévention et de dépistage. Renforcer l’accès aux soins de proximité.
Maintien à domicile La prescription et le renouvellement de certains dispositifs médicaux facilitent la continuité des soins. Soutenir les prises en charge à domicile.

Ce qu’il faut retenir

Les arrêtés du 26 juin 2026 marquent une étape importante dans l’évolution de la profession infirmière. En précisant les actes, les soins et les possibilités de prescription, ils donnent une portée concrète à la réforme engagée par la loi du 27 juin 2025.

Pour les infirmières et infirmiers, ces textes reconnaissent davantage l’expertise clinique, l’autonomie et la responsabilité professionnelle. Pour les patients, ils doivent permettre un accès plus rapide à certains soins, une meilleure continuité des prises en charge et des parcours plus fluides.

Cette réforme ouvre une nouvelle étape pour les soins infirmiers : plus de reconnaissance, plus de responsabilités et une place renforcée dans l’organisation des soins de proximité.

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