Le plafond des franchises médicales va doubler

Santé : le plafond des franchises médicales pourrait atteindre 200 € par an
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Franchises médicales : le plafond annuel pourrait doubler pour atteindre 200 €

Le gouvernement a annoncé son intention de doubler le plafond annuel cumulé des franchises médicales et des participations forfaitaires. Le reste à charge maximal pourrait ainsi passer de 100 à 200 € par an pour les patients concernés. Mais attention : il existe bien deux dispositifs différents, avec des règles et des montants distincts.

À ce stade : cette évolution a été annoncée le 23 juillet 2026 par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Un décret est en préparation. Les nouveaux plafonds ne doivent donc pas être présentés comme déjà applicables tant que les textes réglementaires ne sont pas publiés et entrés en vigueur.

Une annonce simple en apparence, mais souvent mal comprise

Dire que « le plafond des franchises médicales passe à 200 € » peut laisser penser qu’un seul prélèvement existe ou que chaque consultation, boîte de médicaments ou soin infirmier va coûter deux fois plus cher. Ce n’est pas ce qui a été annoncé.

Aujourd’hui, deux mécanismes coexistent : la participation forfaitaire, appliquée notamment aux consultations médicales, et la franchise médicale, prélevée sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires. Chacun dispose actuellement de son propre plafond annuel de 50 €.

Que prévoit l’annonce du gouvernement ?

Le 23 juillet 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé que les plafonds annuels applicables aux franchises médicales et aux participations forfaitaires devraient être doublés. Le montant maximal susceptible de rester à la charge d’un assuré passerait ainsi de 100 € à 200 € par année civile.

Cette somme de 200 € correspondrait à l’addition de deux plafonds distincts : jusqu’à 100 € de participations forfaitaires et jusqu’à 100 € de franchises médicales.

Les montants prélevés pour chaque acte ou prestation ne seraient pas doublés. Ce sont les plafonds annuels qui augmenteraient, ce qui permettrait aux retenues de se poursuivre plus longtemps au cours de l’année.

Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de contribuer au financement du système de santé, de l’hôpital, de l’accès aux soins et des traitements innovants. La mesure pourrait toutefois peser davantage sur les personnes ayant besoin de consultations, de médicaments ou de soins réguliers.

Participation forfaitaire et franchise médicale : quelle différence ?

Ces deux contributions sont prélevées sur les remboursements de l’Assurance Maladie, mais elles ne concernent pas les mêmes dépenses. Elles doivent donc être comptabilisées séparément.

La participation forfaitaire

Elle concerne principalement les actes médicaux : consultations chez un médecin, examens de radiologie et analyses de biologie médicale.

La franchise médicale

Elle concerne les médicaments remboursés, les actes réalisés par les auxiliaires médicaux et les transports sanitaires.

Un patient peut donc atteindre le plafond de la participation forfaitaire sans avoir atteint celui des franchises médicales, ou inversement. Il ne s’agit pas d’une seule « enveloppe » commune.

La participation forfaitaire de 2 €

La participation forfaitaire est actuellement fixée à 2 €. Elle est notamment retenue pour :

  • une consultation ou un acte réalisé par un médecin généraliste ou spécialiste ;
  • un examen de radiologie ;
  • une analyse de biologie médicale.

Elle ne peut actuellement pas dépasser 8 € par jour lorsque plusieurs actes concernés sont réalisés au cours d’une même journée. Son plafond annuel est fixé à 50 € par personne.

Avec la réforme annoncée, ce plafond annuel passerait de 50 à 100 €, sans modification annoncée du prélèvement de 2 € par acte.

La franchise médicale sur les médicaments, les soins paramédicaux et les transports

La franchise médicale est une somme déduite des remboursements de l’Assurance Maladie. Elle s’applique actuellement selon les montants suivants :

Prestation concernée Montant actuel Plafond journalier
Boîte ou conditionnement de médicament remboursé 1 € Pas de plafond journalier spécifique indiqué
Acte paramédical : infirmier, kinésithérapeute, orthophoniste, etc. 1 € par acte 4 € par jour
Transport sanitaire 4 € par trajet 8 € par jour

Le plafond annuel de l’ensemble de ces franchises est actuellement fixé à 50 € par personne. Il passerait à 100 € avec la réforme annoncée.

La franchise sur les actes paramédicaux était autrefois de 0,50 € par acte. Elle a été portée à 1 € en 2024. En juillet 2026, le montant applicable est donc bien de 1 € par acte, dans la limite du plafond journalier prévu.

Ce qui changerait concrètement

Dispositif Plafond actuel Plafond annoncé Montant par acte
Participation forfaitaire 50 € par an 100 € par an 2 €, montant annoncé comme inchangé
Franchise médicale 50 € par an 100 € par an 1 € ou 4 € selon la prestation, montants annoncés comme inchangés
Total maximal 100 € par an 200 € par an
En résumé : le patient ne paierait pas 4 € au lieu de 2 € chez le médecin ni 2 € au lieu de 1 € par boîte de médicaments. Il pourrait en revanche subir davantage de retenues au fil de l’année avant d’atteindre les nouveaux plafonds.

Un exemple pour mieux comprendre

Prenons l’exemple d’une personne suivie pour une maladie chronique. Au cours de l’année, elle consulte régulièrement plusieurs médecins, réalise des analyses biologiques, prend plusieurs médicaments et bénéficie de soins infirmiers à domicile.

Les consultations et analyses

Les retenues de 2 € alimentent le compteur de la participation forfaitaire, aujourd’hui plafonné à 50 €.

Les médicaments et les soins infirmiers

Les retenues de 1 € alimentent un second compteur, celui des franchises médicales, également plafonné à 50 €.

Une fois les plafonds atteints

Les retenues correspondant à l’année concernée cessent pour chacun des deux dispositifs. Avec la réforme, elles pourraient continuer jusqu’à 100 € dans chaque catégorie.

Une personne qui atteint déjà les deux plafonds pourrait donc voir son reste à charge annuel passer progressivement de 100 à 200 €. À l’inverse, une personne qui consulte peu et prend peu de médicaments ne paiera pas automatiquement 200 € : il s’agit d’un maximum, et non d’un forfait prélevé systématiquement.

Comment ces sommes sont-elles prélevées ?

Les franchises et participations sont généralement déduites directement des remboursements versés par l’Assurance Maladie. Elles n’apparaissent donc pas toujours comme un paiement effectué au cabinet médical, au laboratoire ou à la pharmacie.

Lorsque le patient bénéficie du tiers payant et n’avance pas les frais, l’Assurance Maladie peut enregistrer les sommes dues et les récupérer ultérieurement sur un prochain remboursement, ou adresser un avis de sommes à payer.

Les contrats de complémentaire santé dits « responsables » ne remboursent normalement ni la participation forfaitaire ni les franchises médicales. Elles restent donc effectivement à la charge de l’assuré.

Qui ne paie pas ces franchises et participations ?

Plusieurs catégories de personnes bénéficient d’une exonération. Sont notamment concernés :

  • les enfants et les jeunes de moins de 18 ans ;
  • les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ;
  • les bénéficiaires de l’aide médicale de l’État ;
  • les femmes enceintes à partir du premier jour du sixième mois de grossesse et jusqu’au douzième jour suivant l’accouchement ;
  • certaines victimes d’actes de terrorisme, pour les soins en rapport avec l’événement concerné.

Selon les déclarations de la ministre de la Santé, environ 18 millions de personnes, notamment les mineurs et les femmes enceintes, resteraient épargnées par cette évolution.

Être reconnu en affection de longue durée ne dispense pas automatiquement du paiement des franchises médicales et des participations forfaitaires. Un patient en ALD peut donc rester concerné, même lorsque ses soins liés à l’affection sont pris en charge à 100 % sur la base du tarif de l’Assurance Maladie.

Ce que cela signifie pour les patients suivis par les IDEL

Pour les infirmiers libéraux, il est important de rappeler que la franchise médicale est attachée au remboursement du patient. Elle ne correspond pas à une somme supplémentaire facturée ou encaissée par l’IDEL.

Un patient bénéficiant de plusieurs actes infirmiers au cours d’une même journée peut se voir appliquer une franchise de 1 € par acte, dans la limite actuelle de 4 € par jour pour les actes paramédicaux. Ces retenues sont comptabilisées dans le plafond annuel consacré aux franchises médicales.

Le doublement annoncé du plafond ne modifierait donc pas la tarification des actes infirmiers. Il augmenterait seulement le montant total que l’Assurance Maladie pourrait retenir sur les remboursements du patient au cours d’une année.

Ce qu’il faut retenir

Le gouvernement souhaite porter de 100 à 200 € le reste à charge annuel maximal lié aux franchises médicales et aux participations forfaitaires. Ce plafond global se composerait de deux limites séparées : 100 € pour les participations forfaitaires et 100 € pour les franchises médicales.

Les montants unitaires resteraient, selon l’annonce, inchangés : 2 € pour une consultation ou un acte médical concerné, 1 € par boîte de médicaments, 1 € par acte paramédical et 4 € par transport sanitaire.

Cette évolution toucherait surtout les patients qui ont recours régulièrement au système de santé et qui atteignent déjà les plafonds actuels. Elle ne correspond pas à une facture automatique de 200 € pour chaque assuré.

À la date de publication de cet article, la mesure est annoncée mais son application dépend encore de la publication du décret précisant sa date d’entrée en vigueur et ses modalités.

Sources consultées

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