Bronchiolite : la campagne de prévention contre le VRS débute le 14 septembre 2026
Pour la saison 2026-2027, la prévention des formes graves d’infection à virus respiratoire syncytial (VRS) chez le nourrisson repose sur deux approches complémentaires : vacciner la mère pendant la grossesse afin de transmettre des anticorps au bébé, ou immuniser directement le nourrisson à l’aide d’un anticorps monoclonal.
Un objectif : protéger le nourrisson avant la circulation du VRS
Le VRS est l’un des principaux virus responsables de bronchiolite chez le nourrisson. Si la majorité des infections évoluent favorablement, les plus jeunes enfants peuvent développer une atteinte respiratoire sévère nécessitant une hospitalisation.
La stratégie 2026-2027 vise donc à assurer une protection suffisamment précoce. Les futurs parents doivent pouvoir recevoir une information claire sur les deux possibilités existantes afin de choisir, avec les professionnels de santé, la stratégie la mieux adaptée à leur situation.
Pourquoi le VRS mérite une prévention spécifique chez le nourrisson ?
Le virus respiratoire syncytial est un virus extrêmement fréquent qui circule chaque année sous forme d’épidémie saisonnière. Il infecte les voies respiratoires et peut provoquer une bronchiolite, c’est-à-dire une inflammation des petites bronches.
Chez le nourrisson, et notamment au cours des premiers mois de vie, le calibre très réduit des bronchioles explique qu’une inflammation et des sécrétions relativement modestes puissent rapidement gêner la respiration. Le VRS représente ainsi un motif majeur de recours aux soins et d’hospitalisation pédiatrique pendant la saison hivernale.
Deux moyens différents pour protéger le bébé
La campagne repose sur deux stratégies qui poursuivent le même objectif mais n’agissent pas de la même manière.
Le vaccin Abrysvo stimule le système immunitaire maternel. Les anticorps produits traversent ensuite le placenta et contribuent à protéger le nouveau-né pendant ses premiers mois de vie.
Avec Beyfortus, Enflonsia ou Synagis, on n’administre pas un vaccin au bébé : on lui apporte directement des anticorps monoclonaux capables de neutraliser le VRS.
Le choix entre vaccination maternelle et immunisation du nourrisson doit être discuté avec les parents. Les antécédents médicaux, le terme de la grossesse, le moment prévu de l’accouchement et certaines situations particulières peuvent orienter la stratégie.
Abrysvo : vacciner pendant la grossesse pour protéger le nouveau-né
La vaccination maternelle repose sur une dose d’Abrysvo administrée entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée. L’objectif est de permettre à la mère de produire suffisamment d’anticorps avant l’accouchement, puis de les transmettre au fœtus par voie transplacentaire.
Une dose d’Abrysvo est recommandée lorsque la vaccination maternelle est retenue.
Le délai peut être insuffisant pour assurer un transfert optimal d’anticorps. Une immunisation du nourrisson par anticorps monoclonal est alors recommandée.
Une immunisation directe du nourrisson est également recommandée afin de garantir une protection adaptée.
Deux situations particulières
Chez une femme enceinte immunodéprimée, la vaccination maternelle contre le VRS n’est pas recommandée dans la stratégie décrite pour la campagne : la protection du nouveau-né par anticorps monoclonal est privilégiée.
Lors d’une nouvelle grossesse chez une femme déjà vaccinée contre le VRS au cours d’une grossesse antérieure, il est également recommandé de privilégier l’immunisation du nouveau-né ou du nourrisson par anticorps monoclonal.
Immunisation du nourrisson : trois anticorps monoclonaux dans la stratégie 2026-2027
Trois anticorps monoclonaux sont mentionnés dans la stratégie : Beyfortus (nirsévimab), Enflonsia (clésrovimab) et Synagis (palivizumab). Leur place n’est cependant pas identique.
Pour un enfant né pendant la campagne, l’immunisation doit être réalisée dès la naissance, idéalement avant la sortie de maternité. Pour les enfants nés en dehors de la période de campagne, l’objectif est de les immuniser avant le début de leur première saison de circulation du VRS.
Beyfortus : une dose adaptée au poids lors de la première saison
Beyfortus contient du nirsévimab, un anticorps monoclonal à longue durée d’action. Pour la première saison de circulation du VRS, la dose dépend du poids du nourrisson.
| Situation | Dose de Beyfortus | Administration |
|---|---|---|
| Nourrisson de moins de 5 kg | 50 mg | 1 injection intramusculaire |
| Nourrisson de 5 kg ou plus | 100 mg | 1 injection intramusculaire |
| Enfant vulnérable lors de sa deuxième saison, jusqu’à 24 mois | 200 mg | 2 injections IM de 100 mg |
La dose de 200 mg au cours de la deuxième saison concerne les enfants qui demeurent particulièrement vulnérables à une infection sévère, notamment dans certaines situations de dysplasie bronchopulmonaire ou de cardiopathie congénitale avec retentissement hémodynamique.
Enflonsia : une dose unique de 105 mg, quel que soit le poids
Enflonsia contient du clésrovimab. Pour les nourrissons entrant dans leur première saison de circulation du VRS, le schéma est particulièrement simple : une dose unique de 105 mg par voie intramusculaire, sans adaptation au poids.
Chez les nourrissons qui doivent subir une chirurgie cardiaque avec circulation extracorporelle pendant la saison, une dose supplémentaire de 105 mg est recommandée lorsque l’enfant est stabilisé après l’intervention, afin de restaurer des concentrations d’anticorps adaptées.
Synagis : une indication plus ciblée chez les nourrissons à haut risque
Synagis contient du palivizumab. Contrairement à Beyfortus ou Enflonsia, il n’est pas destiné à l’ensemble des nourrissons. Son utilisation concerne certaines populations particulièrement vulnérables.
- enfants nés à 35 semaines d’âge gestationnel ou moins et âgés de moins de 6 mois au début de l’épidémie saisonnière ;
- enfants de moins de 2 ans ayant nécessité un traitement pour dysplasie bronchopulmonaire au cours des six derniers mois ;
- enfants de moins de 2 ans atteints d’une cardiopathie congénitale avec retentissement hémodynamique.
Le schéma est différent des anticorps à longue durée d’action : la posologie recommandée est de 15 mg/kg, une fois par mois, pendant la période de risque d’infection communautaire à VRS.
Abrysvo, Beyfortus, Enflonsia, Synagis : comment s’y retrouver ?
| Produit | À qui ? | Principe | Schéma principal |
|---|---|---|---|
| Abrysvo | Femme enceinte | Vaccin | 1 dose entre 32 et 36 SA |
| Beyfortus | Nourrisson | Anticorps monoclonal | 50 mg si < 5 kg, 100 mg si ≥ 5 kg |
| Enflonsia | Nourrisson | Anticorps monoclonal | 105 mg en dose unique |
| Synagis | Nourrisson prématuré et/ou à haut risque | Anticorps monoclonal | 15 mg/kg chaque mois pendant la période à risque |
Où les produits seront-ils disponibles ?
Pour la campagne 2026-2027, Abrysvo, Beyfortus, Enflonsia et Synagis sont disponibles dans les établissements de santé et figurent parmi les spécialités agréées aux collectivités.
En ville, Abrysvo, Beyfortus et Enflonsia sont annoncés comme disponibles via les circuits habituels d’approvisionnement. La prise en charge doit débuter en cohérence avec le calendrier de campagne applicable au territoire concerné.
Quels repères pour les IDEL ?
Les infirmiers libéraux occupent une place importante dans l’information des familles, la vérification des parcours de prévention et, dans le cadre de leurs compétences réglementaires, l’administration des produits concernés.
Repérer la période de 32 à 36 semaines d’aménorrhée et vérifier si une stratégie de vaccination maternelle a été proposée ou réalisée.
À domicile, lors d’un suivi post-partum ou d’un contact avec la famille, demander si le nouveau-né a déjà reçu un anticorps monoclonal à la maternité.
Prématurité, naissance moins de 14 jours après vaccination maternelle, immunodépression de la mère, cardiopathie congénitale ou dysplasie bronchopulmonaire peuvent modifier la stratégie.
Abrysvo est un vaccin administré à la mère. Beyfortus, Enflonsia et Synagis sont des anticorps administrés directement à l’enfant.
Les gestes barrières restent indispensables
La vaccination maternelle et les anticorps monoclonaux réduisent le risque de formes graves liées au VRS, mais ils ne remplacent pas les mesures qui limitent la transmission des virus respiratoires.
- se laver régulièrement les mains avant de s’occuper du bébé ;
- aérer quotidiennement les pièces de vie ;
- éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant des symptômes respiratoires ;
- éviter d’embrasser le nourrisson sur le visage ou les mains en cas de rhume ;
- nettoyer les objets fréquemment manipulés ;
- limiter autant que possible l’exposition du très jeune nourrisson aux lieux très fréquentés pendant la période épidémique.
Ces mesures sont particulièrement importantes dans les premières semaines de vie, lorsque le nourrisson est le plus vulnérable aux infections respiratoires.
Ce qu’il faut retenir
La campagne 2026-2027 marque une nouvelle étape dans la prévention de la bronchiolite à VRS. En métropole, elle débute le 14 septembre 2026 et repose sur deux grandes possibilités : vacciner la femme enceinte avec Abrysvo entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée ou immuniser directement le nourrisson avec un anticorps monoclonal.
Beyfortus et Enflonsia permettent une protection de la majorité des nourrissons au cours de leur première saison de circulation du VRS. Synagis conserve une place spécifique chez certains enfants prématurés ou à haut risque.
Sources médicales et institutionnelles
- Ministère chargé de la Santé – DGS-Urgent, campagne de vaccination et d’immunisation contre les infections à VRS
- Haute Autorité de santé – Recommandation vaccinale contre les infections à VRS chez les femmes enceintes
- Haute Autorité de santé – Beyfortus (nirsévimab)
- Ministère chargé de la Santé – Calendrier des vaccinations 2026
- Assurance Maladie – Bronchiolite
- Agence européenne des médicaments – Enflonsia (clésrovimab)

