Culottes et coupes menstruelles remboursées : ce qui change dès le 1er octobre 2026
À compter du 1er octobre 2026, certaines protections menstruelles réutilisables pourront être prises en charge par l’Assurance Maladie. Le dispositif concerne notamment les personnes assurées de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S). Mais le remboursement sera encadré : toutes les protections disponibles sur le marché ne seront pas éligibles.
Une mesure à la fois sociale et environnementale
Cette nouvelle prise en charge vise d’abord à lutter contre la précarité menstruelle, c’est-à-dire les difficultés rencontrées par certaines personnes pour financer régulièrement leurs protections périodiques.
Le choix de concentrer le dispositif sur des protections réutilisables poursuit également un objectif de durabilité : contrairement aux protections jetables, une culotte menstruelle ou une coupe peut être utilisée de nombreuses fois lorsqu’elle est correctement entretenue.
Qui pourra bénéficier du remboursement ?
Le nouveau dispositif ne concernera pas l’ensemble de la population. Deux grandes catégories de bénéficiaires sont prévues.
Les assurées âgées de moins de 26 ans pourront bénéficier de la prise en charge sans condition de ressources. L’éligibilité repose donc principalement sur l’âge et l’affiliation à l’Assurance Maladie.
Les personnes bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire (C2S) pourront également accéder au dispositif, quel que soit leur âge.
Quel remboursement par l’Assurance Maladie ?
Le niveau de prise en charge dépendra de la situation de la bénéficiaire.
L’Assurance Maladie prendra en charge entre 55 % et 65 % du prix des protections réutilisables éligibles.
La part non remboursée par l’Assurance Maladie pourra éventuellement être couverte par la complémentaire santé, selon les garanties prévues par le contrat.
La prise en charge atteindra 100 % pour les produits entrant dans le dispositif.
Une prise en charge limitée à deux produits par an
Le remboursement ne permettra pas d’acheter un nombre illimité de protections réutilisables. Le dispositif prévoit une prise en charge de deux produits maximum par an.
Le décompte ne repose pas nécessairement sur l’année civile. Il débute à partir de la date du premier achat, puis se renouvelle de date à date.
Cette limite est importante à connaître, notamment pour les culottes menstruelles, car une utilisation au quotidien nécessite souvent d’en posséder plusieurs afin d’alterner entre port, lavage et séchage.
Quelles protections menstruelles seront concernées ?
Deux catégories de protections périodiques réutilisables sont intégrées au dispositif : les culottes menstruelles et les coupes menstruelles.
Les modèles devront respecter des exigences précises en matière de composition, d’absorption, de tailles proposées, de certification textile et de résistance au lavage.
Les cups devront également respecter des critères de sécurité, de capacité et de tailles afin de pouvoir bénéficier d’une prise en charge.
Culottes menstruelles : des critères techniques stricts
Une culotte présentée comme « menstruelle » ne sera pas automatiquement remboursable. Pour entrer dans le dispositif, le produit devra répondre au cahier des charges fixé par les textes réglementaires.
Une certification textile encadrée
Les modèles éligibles devront notamment bénéficier d’une certification Oeko-Tex Standard 100 classe I ou II. Cette exigence vise à encadrer la présence de certaines substances dans les textiles en contact prolongé avec la peau.
Une composition en trois couches
La zone absorbante devra associer plusieurs fonctions : une couche drainante, notamment en coton biologique ou en lyocell, une couche absorbante et une couche imperméable destinée à limiter les fuites.
Une capacité d’absorption minimale
Pour être éligible, la culotte devra présenter une capacité d’absorption supérieure à 12 ml. Au moins un modèle référencé par la marque devra atteindre une capacité de 20 ml avant que d’autres références de plus de 12 ml puissent être proposées.
Au moins huit tailles
Les gammes concernées devront proposer au moins huit tailles. L’objectif est de disposer de protections adaptées à différentes morphologies, le bon ajustement jouant un rôle important dans le confort comme dans la prévention des fuites.
Une résistance minimale au lavage
La durabilité fait également partie du cahier des charges : les culottes devront résister à au moins 52 lavages à 30 °C.
Coupes menstruelles : quelles conditions pour être remboursées ?
Les coupes menstruelles sont également concernées, sous réserve de respecter les critères prévus.
Les références devront notamment bénéficier d’une certification Ecolabel européen ou avoir été évaluées selon la norme ISO 10993-1, relative à l’évaluation biologique des dispositifs médicaux.
Les gammes devront également proposer au moins deux tailles, afin de s’adapter aux différentes morphologies et situations.
Concernant la contenance, les critères retiennent des capacités pouvant être inférieures ou égales à 20 ml ou comprises entre 20 et 30 ml, selon les modèles.
Où faudra-t-il acheter les protections pour être remboursé ?
Le lieu d’achat constitue une condition essentielle. Les produits devront être délivrés en pharmacie et correspondre aux références reconnues comme éligibles à la prise en charge.
Une culotte ou une coupe achetée directement sur le site Internet d’une marque, dans une grande surface ou dans une boutique spécialisée ne sera donc pas automatiquement remboursée, même si elle possède des caractéristiques similaires à un produit référencé.
Quel prix pour une culotte menstruelle ?
Les textes fixent à 14,40 € hors taxes, soit environ 19 € TTC, le prix de cession en pharmacie d’une culotte menstruelle entrant dans le dispositif.
Cet encadrement vise notamment à éviter que la mise en place du remboursement n’entraîne une hausse importante des prix des références prises en charge.
Remboursement des protections menstruelles : le tableau pratique
| Situation | Prise en charge | Conditions principales |
|---|---|---|
| Assurée de moins de 26 ans | 55 à 65 % par l’Assurance Maladie | Produit éligible, dans la limite de 2 produits par an |
| Moins de 26 ans avec mutuelle | 55 à 65 % + complément éventuel | Selon les garanties de la complémentaire santé |
| Bénéficiaire de la C2S | 100 % | Quel que soit l’âge, dans la limite prévue |
| 26 ans ou plus sans C2S | Pas de prise en charge dans ce dispositif | Hors critères d’éligibilité |
| Protection jetable | Non concernée | Le dispositif cible les protections réutilisables |
La mutuelle pourra-t-elle compléter le remboursement ?
Pour les moins de 26 ans ne bénéficiant pas de la C2S, le remboursement de l’Assurance Maladie ne couvrira pas toujours l’intégralité du prix.
La complémentaire santé pourra éventuellement prendre en charge tout ou partie du reste, selon le contrat souscrit et les garanties proposées.
Les bénéficiaires de la C2S se trouvent dans une situation différente puisque la prise en charge prévue pour les références éligibles atteint 100 %.
Quels repères pour les IDEL ?
Les infirmiers libéraux ne sont pas directement impliqués dans la délivrance des produits, mais ils peuvent jouer un rôle important dans l’information, la prévention et l’orientation des patientes, notamment auprès des jeunes et des personnes en situation de précarité.
Le dispositif débute le 1er octobre 2026. Avant cette date, les achats ne relèvent pas de cette nouvelle prise en charge.
Moins de 26 ans ou bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire : ces deux critères permettent d’orienter rapidement la patiente.
La prise en charge concerne au maximum deux produits par an, avec un décompte démarrant à la date du premier achat.
Le remboursement dépend aussi du produit choisi. Il est donc important d’orienter vers une pharmacie afin de vérifier que la référence est bien éligible.
Pourquoi cette mesure a-t-elle été mise en place ?
La mesure a été votée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, avant que les textes réglementaires nécessaires à sa mise en œuvre soient publiés.
Elle répond en premier lieu à un enjeu de précarité menstruelle. Pour une personne ayant ses règles, l’achat de protections représente une dépense récurrente et difficilement évitable.
Pour les personnes en situation économique fragile, cette dépense peut conduire à conserver une protection trop longtemps, à utiliser des solutions inadaptées ou à renoncer à certaines activités quotidiennes.
Le recours aux protections réutilisables doit également contribuer à réduire le coût sur la durée. Une coupe ou une culotte correctement entretenue peut être utilisée à de nombreuses reprises, contrairement aux protections à usage unique.
Ce qu’il faut retenir
À partir du 1er octobre 2026, certaines culottes et coupes menstruelles réutilisables pourront être prises en charge par l’Assurance Maladie.
Le dispositif concernera les personnes assurées de moins de 26 ans sans condition de ressources ainsi que les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, quel que soit leur âge.
La prise en charge sera limitée à deux produits par an. Pour les moins de 26 ans, l’Assurance Maladie remboursera entre 55 % et 65 % du prix. Pour les bénéficiaires de la C2S, elle atteindra 100 %.
Sources institutionnelles et réglementaires
- Décret n° 2026-288 du 18 avril 2026 relatif à la prise en charge de protections périodiques réutilisables.
- Arrêté du 6 août 2026 relatif aux caractéristiques et conditions de prise en charge des protections périodiques réutilisables.
- Journal officiel de la République française – textes publiés en août 2026.
- Service-Public.fr – informations relatives à la prise en charge des protections périodiques réutilisables.
- Assurance Maladie – modalités de remboursement applicables à compter du 1er octobre 2026.

