Culottes et coupes menstruelles remboursées dès octobre 2026 : ce qu’il faut savoir

Culottes et coupes menstruelles remboursées dès octobre 2026 : ce qu’il faut savoir
Santé · Précarité menstruelle · Remboursement 2026

Culottes et coupes menstruelles remboursées : ce qui change dès le 1er octobre 2026

À compter du 1er octobre 2026, certaines protections menstruelles réutilisables pourront être prises en charge par l’Assurance Maladie. Le dispositif concerne notamment les personnes assurées de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S). Mais le remboursement sera encadré : toutes les protections disponibles sur le marché ne seront pas éligibles.

À retenir : le dispositif entre en vigueur le 1er octobre 2026. La prise en charge est limitée à deux produits par an et concerne uniquement des références répondant au cahier des charges réglementaire et délivrées dans le circuit prévu, notamment en pharmacie.

Une mesure à la fois sociale et environnementale

Cette nouvelle prise en charge vise d’abord à lutter contre la précarité menstruelle, c’est-à-dire les difficultés rencontrées par certaines personnes pour financer régulièrement leurs protections périodiques.

Le choix de concentrer le dispositif sur des protections réutilisables poursuit également un objectif de durabilité : contrairement aux protections jetables, une culotte menstruelle ou une coupe peut être utilisée de nombreuses fois lorsqu’elle est correctement entretenue.

Qui pourra bénéficier du remboursement ?

Le nouveau dispositif ne concernera pas l’ensemble de la population. Deux grandes catégories de bénéficiaires sont prévues.

1. Les personnes assurées de moins de 26 ans

Les assurées âgées de moins de 26 ans pourront bénéficier de la prise en charge sans condition de ressources. L’éligibilité repose donc principalement sur l’âge et l’affiliation à l’Assurance Maladie.

2. Les bénéficiaires de la C2S

Les personnes bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire (C2S) pourront également accéder au dispositif, quel que soit leur âge.

Une personne de 30, 40 ou 50 ans pourra donc être éligible si elle bénéficie de la C2S, tandis qu’une personne de 26 ans ou plus ne bénéficiant pas de cette couverture n’entrera pas dans le dispositif prévu.

Quel remboursement par l’Assurance Maladie ?

Le niveau de prise en charge dépendra de la situation de la bénéficiaire.

Pour les moins de 26 ans

L’Assurance Maladie prendra en charge entre 55 % et 65 % du prix des protections réutilisables éligibles.

Un reste à charge peut subsister

La part non remboursée par l’Assurance Maladie pourra éventuellement être couverte par la complémentaire santé, selon les garanties prévues par le contrat.

Pour les bénéficiaires de la C2S

La prise en charge atteindra 100 % pour les produits entrant dans le dispositif.

Pour les personnes couvertes par la Complémentaire santé solidaire, les protections concernées pourront donc être prises en charge intégralement dans les limites et conditions prévues par le dispositif.

Une prise en charge limitée à deux produits par an

Le remboursement ne permettra pas d’acheter un nombre illimité de protections réutilisables. Le dispositif prévoit une prise en charge de deux produits maximum par an.

Le décompte ne repose pas nécessairement sur l’année civile. Il débute à partir de la date du premier achat, puis se renouvelle de date à date.

Exemple : si le premier achat remboursé est réalisé le 15 novembre 2026, la période annuelle de référence commencera à cette date. Il faudra donc être attentif au moment du premier achat.

Cette limite est importante à connaître, notamment pour les culottes menstruelles, car une utilisation au quotidien nécessite souvent d’en posséder plusieurs afin d’alterner entre port, lavage et séchage.

Quelles protections menstruelles seront concernées ?

Deux catégories de protections périodiques réutilisables sont intégrées au dispositif : les culottes menstruelles et les coupes menstruelles.

Culottes menstruelles

Les modèles devront respecter des exigences précises en matière de composition, d’absorption, de tailles proposées, de certification textile et de résistance au lavage.

Coupes menstruelles

Les cups devront également respecter des critères de sécurité, de capacité et de tailles afin de pouvoir bénéficier d’une prise en charge.

Les protections jetables classiques ne sont pas concernées. Les serviettes hygiéniques, tampons et protège-slips à usage unique restent en dehors de ce nouveau dispositif.

Culottes menstruelles : des critères techniques stricts

Une culotte présentée comme « menstruelle » ne sera pas automatiquement remboursable. Pour entrer dans le dispositif, le produit devra répondre au cahier des charges fixé par les textes réglementaires.

Une certification textile encadrée

Les modèles éligibles devront notamment bénéficier d’une certification Oeko-Tex Standard 100 classe I ou II. Cette exigence vise à encadrer la présence de certaines substances dans les textiles en contact prolongé avec la peau.

Une composition en trois couches

La zone absorbante devra associer plusieurs fonctions : une couche drainante, notamment en coton biologique ou en lyocell, une couche absorbante et une couche imperméable destinée à limiter les fuites.

Une capacité d’absorption minimale

Pour être éligible, la culotte devra présenter une capacité d’absorption supérieure à 12 ml. Au moins un modèle référencé par la marque devra atteindre une capacité de 20 ml avant que d’autres références de plus de 12 ml puissent être proposées.

Au moins huit tailles

Les gammes concernées devront proposer au moins huit tailles. L’objectif est de disposer de protections adaptées à différentes morphologies, le bon ajustement jouant un rôle important dans le confort comme dans la prévention des fuites.

Une résistance minimale au lavage

La durabilité fait également partie du cahier des charges : les culottes devront résister à au moins 52 lavages à 30 °C.

Le caractère « réutilisable » est donc évalué de manière concrète : capacité d’absorption, résistance aux lavages, choix de tailles et exigences de composition sont intégrés aux conditions de référencement.

Coupes menstruelles : quelles conditions pour être remboursées ?

Les coupes menstruelles sont également concernées, sous réserve de respecter les critères prévus.

Les références devront notamment bénéficier d’une certification Ecolabel européen ou avoir été évaluées selon la norme ISO 10993-1, relative à l’évaluation biologique des dispositifs médicaux.

Les gammes devront également proposer au moins deux tailles, afin de s’adapter aux différentes morphologies et situations.

Concernant la contenance, les critères retiennent des capacités pouvant être inférieures ou égales à 20 ml ou comprises entre 20 et 30 ml, selon les modèles.

L’objectif est de garantir que les produits remboursés répondent à des critères minimums de sécurité, de fonctionnalité et d’adaptation aux utilisatrices.

Où faudra-t-il acheter les protections pour être remboursé ?

Le lieu d’achat constitue une condition essentielle. Les produits devront être délivrés en pharmacie et correspondre aux références reconnues comme éligibles à la prise en charge.

Une culotte ou une coupe achetée directement sur le site Internet d’une marque, dans une grande surface ou dans une boutique spécialisée ne sera donc pas automatiquement remboursée, même si elle possède des caractéristiques similaires à un produit référencé.

Avant tout achat, il sera utile de demander au pharmacien si la référence choisie fait bien partie des produits pouvant être pris en charge par l’Assurance Maladie.

Quel prix pour une culotte menstruelle ?

Les textes fixent à 14,40 € hors taxes, soit environ 19 € TTC, le prix de cession en pharmacie d’une culotte menstruelle entrant dans le dispositif.

Cet encadrement vise notamment à éviter que la mise en place du remboursement n’entraîne une hausse importante des prix des références prises en charge.

Remboursement des protections menstruelles : le tableau pratique

SituationPrise en chargeConditions principales
Assurée de moins de 26 ans55 à 65 % par l’Assurance MaladieProduit éligible, dans la limite de 2 produits par an
Moins de 26 ans avec mutuelle55 à 65 % + complément éventuelSelon les garanties de la complémentaire santé
Bénéficiaire de la C2S100 %Quel que soit l’âge, dans la limite prévue
26 ans ou plus sans C2SPas de prise en charge dans ce dispositifHors critères d’éligibilité
Protection jetableNon concernéeLe dispositif cible les protections réutilisables

La mutuelle pourra-t-elle compléter le remboursement ?

Pour les moins de 26 ans ne bénéficiant pas de la C2S, le remboursement de l’Assurance Maladie ne couvrira pas toujours l’intégralité du prix.

La complémentaire santé pourra éventuellement prendre en charge tout ou partie du reste, selon le contrat souscrit et les garanties proposées.

Il est donc conseillé de consulter les garanties de sa complémentaire santé avant l’achat, notamment lorsque l’objectif est de limiter au maximum le reste à charge.

Les bénéficiaires de la C2S se trouvent dans une situation différente puisque la prise en charge prévue pour les références éligibles atteint 100 %.

Quels repères pour les IDEL ?

Les infirmiers libéraux ne sont pas directement impliqués dans la délivrance des produits, mais ils peuvent jouer un rôle important dans l’information, la prévention et l’orientation des patientes, notamment auprès des jeunes et des personnes en situation de précarité.

Informer sur la date d’entrée en vigueur

Le dispositif débute le 1er octobre 2026. Avant cette date, les achats ne relèvent pas de cette nouvelle prise en charge.

Identifier les personnes potentiellement éligibles

Moins de 26 ans ou bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire : ces deux critères permettent d’orienter rapidement la patiente.

Rappeler la limite annuelle

La prise en charge concerne au maximum deux produits par an, avec un décompte démarrant à la date du premier achat.

Orienter vers la pharmacie

Le remboursement dépend aussi du produit choisi. Il est donc important d’orienter vers une pharmacie afin de vérifier que la référence est bien éligible.

Lors d’un échange autour de la santé sexuelle, de la contraception ou de la précarité, quelques minutes d’information peuvent permettre à une patiente de connaître un droit qu’elle n’aurait pas spontanément sollicité.

Pourquoi cette mesure a-t-elle été mise en place ?

La mesure a été votée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, avant que les textes réglementaires nécessaires à sa mise en œuvre soient publiés.

Elle répond en premier lieu à un enjeu de précarité menstruelle. Pour une personne ayant ses règles, l’achat de protections représente une dépense récurrente et difficilement évitable.

Pour les personnes en situation économique fragile, cette dépense peut conduire à conserver une protection trop longtemps, à utiliser des solutions inadaptées ou à renoncer à certaines activités quotidiennes.

Le recours aux protections réutilisables doit également contribuer à réduire le coût sur la durée. Une coupe ou une culotte correctement entretenue peut être utilisée à de nombreuses reprises, contrairement aux protections à usage unique.

Ce qu’il faut retenir

À partir du 1er octobre 2026, certaines culottes et coupes menstruelles réutilisables pourront être prises en charge par l’Assurance Maladie.

Le dispositif concernera les personnes assurées de moins de 26 ans sans condition de ressources ainsi que les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, quel que soit leur âge.

La prise en charge sera limitée à deux produits par an. Pour les moins de 26 ans, l’Assurance Maladie remboursera entre 55 % et 65 % du prix. Pour les bénéficiaires de la C2S, elle atteindra 100 %.

Le point essentiel : être éligible ne suffit pas. Le produit acheté doit lui aussi respecter le cahier des charges réglementaire et être délivré dans le circuit prévu pour bénéficier du remboursement.

Sources institutionnelles et réglementaires

  • Décret n° 2026-288 du 18 avril 2026 relatif à la prise en charge de protections périodiques réutilisables.
  • Arrêté du 6 août 2026 relatif aux caractéristiques et conditions de prise en charge des protections périodiques réutilisables.
  • Journal officiel de la République française – textes publiés en août 2026.
  • Service-Public.fr – informations relatives à la prise en charge des protections périodiques réutilisables.
  • Assurance Maladie – modalités de remboursement applicables à compter du 1er octobre 2026.

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