Vaccination contre la grippe : vers une obligation pour les IDEL ?

Vaccination contre la grippe : vers une obligation pour les IDEL ? Ce que prévoit la HAS en 2026
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Vaccination contre la grippe : vers une obligation pour les IDEL ? Ce que prévoit la HAS en 2026

Le 20 juillet 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) s’est prononcée en faveur d’une obligation annuelle de vaccination contre la grippe pour les professionnels de santé. Les infirmiers libéraux sont directement concernés par cette évolution, mais la recommandation de la HAS ne signifie pas qu’une nouvelle formalité est immédiatement exigible de tous les IDEL.

À retenir au 11 août 2026 : la HAS a rendu un avis favorable à l’obligation. Le Code de la santé publique prévoit désormais le principe d’une vaccination antigrippale obligatoire pour certains professionnels de santé libéraux sous réserve d’une recommandation de la HAS, mais un décret en Conseil d’État doit encore préciser les professions et les lieux d’exercice concernés. Il faut donc distinguer le principe inscrit dans la loi de ses modalités concrètes d’application.

Pourquoi cette évolution concerne particulièrement les IDEL ?

Les infirmiers libéraux interviennent quotidiennement au domicile de patients âgés, atteints de maladies chroniques, immunodéprimés ou présentant d’autres facteurs de risque de forme grave. Ils peuvent également exercer en EHPAD, en structures médico-sociales ou au contact de plusieurs patients au cours d’une même tournée.

La logique retenue par la HAS est donc celle de la protection des personnes les plus vulnérables, avec une mise en œuvre progressive et une priorité donnée aux environnements dans lesquels le risque de conséquences graves est le plus important.

Ce que recommande précisément la HAS en 2026

La HAS a été saisie par les ministres chargés de la Santé afin d’évaluer la pertinence d’une obligation annuelle de vaccination contre la grippe. Son analyse portait sur deux populations : les personnes âgées de 65 ans et plus vivant en collectivité et les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social.

Pour les résidents âgés, la HAS ne recommande pas de rendre la vaccination obligatoire : elle estime que la recommandation vaccinale doit être maintenue. En revanche, elle se prononce en faveur d’une obligation vaccinale antigrippale pour les professionnels de santé et pour certains autres professionnels travaillant au contact de personnes exposées à un risque de grippe sévère.

La recommandation ne se limite donc pas aux professionnels salariés des établissements. La HAS vise une obligation à terme pour l’ensemble des professionnels de santé concernés, ce qui inclut l’exercice libéral dans le cadre prévu par le Code de la santé publique.

Le vaccin contre la grippe est-il déjà obligatoire pour tous les IDEL ?

Pas encore sous la forme d’une obligation immédiatement applicable de manière uniforme à tous les infirmiers libéraux. La situation juridique mérite d’être expliquée avec précision.

Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, l’article L. 3111-4 du Code de la santé publique prévoit que, sous réserve d’une recommandation préalable de la HAS, les professionnels de santé exerçant à titre libéral dans les situations visées doivent être vaccinés contre la grippe. La recommandation de la HAS du 20 juillet 2026 constitue donc une étape déterminante.

Pour autant, le même article prévoit qu’un décret en Conseil d’État doit déterminer les professions concernées et leurs lieux d’exercice en fonction des risques de contamination. Ce texte est essentiel pour rendre le dispositif opérationnel et préciser son périmètre.

Il serait donc inexact d’affirmer qu’au 11 août 2026 chaque IDEL doit déjà présenter un justificatif vaccinal sous peine de sanction. Les modalités d’application doivent être précisées réglementairement.

Cette évolution s’inscrit par ailleurs dans une histoire juridique particulière : une obligation antigrippale visant certains professionnels avait déjà été prévue par le Code de la santé publique, mais son application avait été suspendue par un décret de 2006. La réforme de 2025-2026 remet aujourd’hui la question de l’obligation au premier plan dans un cadre actualisé.

Quels infirmiers libéraux pourraient être concernés ?

Le périmètre définitif dépendra des textes d’application. Néanmoins, la recommandation de la HAS et le Code de la santé publique permettent déjà d’identifier la logique qui guidera le dispositif : le niveau de risque de transmission et la vulnérabilité des personnes prises en charge.

Exercice auprès de personnes âgées

Les IDEL intervenant auprès de patients âgés, notamment en EHPAD ou dans des contextes de forte vulnérabilité, sont au cœur de la stratégie de protection recherchée.

Patients à risque de forme sévère

Les tournées comprenant des personnes immunodéprimées, fragiles ou atteintes de pathologies chroniques illustrent les situations dans lesquelles la prévention de la transmission prend une importance particulière.

Une activité exclusivement libérale n’exclut donc pas, par principe, l’application future de l’obligation. Le législateur a expressément prévu le cas des professionnels de santé exerçant à titre libéral en dehors des établissements.

Pourquoi la HAS recommande-t-elle une obligation vaccinale ?

La grippe saisonnière n’est pas une infection anodine pour les personnes fragiles. Chez les personnes âgées ou présentant certaines comorbidités, elle peut entraîner des complications respiratoires, des décompensations de maladies chroniques, des hospitalisations et des décès.

Pour la HAS, la vaccination des professionnels poursuit un objectif collectif : réduire le risque de transmission dans les lieux de soins et protéger les personnes chez lesquelles les conséquences d’une infection peuvent être les plus sévères. Cette approche est particulièrement importante en EHPAD et en USLD, où se concentrent des personnes âgées fragiles et où certaines mesures barrières peuvent être plus difficiles à maintenir en permanence.

La HAS relève notamment un écart marqué en EHPAD entre la couverture vaccinale des résidents, estimée à 82,7 %, et celle des professionnels, autour de 21 %. Cet écart fait partie des éléments ayant pesé dans sa recommandation.

Vacciner les professionnels protège-t-il aussi les patients ?

La HAS souligne que les données disponibles sont particulièrement pertinentes dans les établissements accueillant des personnes âgées. Elle retient un effet probable de la vaccination des professionnels sur la protection des résidents d’EHPAD, avec notamment une diminution observée des infections respiratoires basses et de la mortalité toutes causes dans les données examinées.

Cette formulation est importante : la vaccination ne supprime pas tout risque de transmission et son efficacité varie selon les saisons, les souches circulantes, l’âge et l’état de santé. L’objectif n’est donc pas de présenter le vaccin comme une protection absolue, mais comme un outil supplémentaire de prévention dans une stratégie globale.

Pour les soignants, l’enjeu associe protection individuelle, réduction du risque de transmettre le virus à des patients vulnérables et maintien de la continuité des soins pendant les périodes de forte circulation grippale.

La HAS propose un déploiement progressif, d’abord en EHPAD et en USLD

La HAS ne préconise pas une mise en œuvre uniforme et immédiate sur l’ensemble du territoire et dans tous les modes d’exercice. Elle recommande de prioriser les EHPAD et les unités de soins de longue durée (USLD).

Pour atteindre à terme l’objectif d’une obligation concernant l’ensemble des professionnels visés, elle propose un déploiement progressif sur une période de deux ans, renouvelable un an. Cette progressivité doit permettre d’organiser le dispositif, d’en évaluer la faisabilité et de favoriser son acceptabilité.

Priorité aux lieux accueillant les personnes les plus fragiles

EHPAD et USLD sont identifiés comme les premiers environnements dans lesquels l’obligation devrait être déployée.

Extension progressive

Le périmètre pourrait ensuite être élargi aux autres professionnels et contextes de soins définis par les textes réglementaires.

Cadre concerté

La HAS insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre organisée et acceptable, et non sur une bascule immédiate sans accompagnement.

Qu’est-ce que cela pourrait changer concrètement pour les IDEL ?

Les futurs textes devront apporter les réponses pratiques que les professionnels attendent : catégories exactes d’infirmiers concernées, lieux ou types d’activité visés, calendrier, justificatifs admis, prise en compte des contre-indications médicales et modalités de contrôle.

QuestionSituation au 11 août 2026
La HAS recommande-t-elle l’obligation pour les professionnels de santé ?Oui. Recommandation publiée le 20 juillet 2026.
Les professionnels libéraux sont-ils prévus par la loi ?Oui. L’article L. 3111-4 prévoit explicitement le cas des professionnels de santé exerçant à titre libéral.
Tous les IDEL doivent-ils déjà fournir un justificatif ?Non, pas à ce stade de manière générale. Le périmètre opérationnel doit être défini par voie réglementaire.
Quels secteurs sont prioritaires selon la HAS ?EHPAD et USLD.
Le déploiement doit-il être immédiat partout ?Non. La HAS propose une montée en charge progressive sur deux ans, renouvelable un an.

Une obligation vaccinale ne remplace pas les autres mesures de prévention

Même si l’obligation entre en vigueur, la vaccination ne pourra pas être considérée comme l’unique réponse à la circulation de la grippe. La prévention repose sur plusieurs mesures complémentaires : hygiène des mains, aération des espaces clos, port du masque lorsqu’il est indiqué, respect des précautions adaptées aux symptômes respiratoires et organisation des soins limitant autant que possible l’exposition des patients fragiles.

Cette complémentarité est particulièrement importante pour les IDEL, dont l’activité implique des déplacements successifs d’un domicile à l’autre et des contacts rapprochés avec des patients aux profils très différents.

Être vacciné ne dispense donc pas des mesures de prévention des infections respiratoires. Inversement, les gestes barrières ne rendent pas inutile la vaccination lorsque celle-ci est recommandée ou, demain, rendue obligatoire dans un cadre défini.

Vaccination antigrippale des IDEL : ce qu’il faut retenir

Le 20 juillet 2026, la HAS a recommandé l’instauration d’une obligation annuelle de vaccination contre la grippe pour les professionnels de santé, avec un déploiement prioritaire en EHPAD et en USLD. Cette position constitue une étape majeure pour les infirmiers libéraux.

Le cadre législatif adopté fin 2025 prévoit déjà le cas des professionnels de santé libéraux. Toutefois, un décret en Conseil d’État doit encore déterminer précisément les professions et les lieux d’exercice concernés. À ce stade, il ne faut donc pas confondre la recommandation de la HAS, le principe juridique posé par la loi et les modalités concrètes qui permettront d’appliquer l’obligation sur le terrain.

Pour les IDEL : aucune nouvelle formalité générale ne doit être inventée avant la publication des textes d’application. En revanche, la recommandation de juillet 2026 indique clairement la direction retenue : une obligation progressive visant à renforcer la protection des patients les plus vulnérables.

Sources officielles consultées

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